Faire Chabbath, Comme D-ieu
La Paracha de Vayakhel rapporte les commandements liés à l’édification du Michkan. Or, Moché y indique qu’en dépit de l’importance de la mise en œuvre de ce Saint projet, la maison de D-ieu ne devait pas être construite le jour du Chabbath.
Il existe trente-neuf catégories de travaux interdits le Chabbath ; pourtant, la Paracha n’en cite explicitement qu’une seule : l’interdiction d’allumer le feu le jour de Chabbath. Qu’y a-t-il dans cet acte qui lui confère cette attention particulière dans la Torah ?
Certains pensent – de manière erronée – que cette interdiction Biblique ne s’appliquait qu’aux temps anciens, lorsque cet acte était un travail difficile. Au temps de l’Exode, il était nécessaire – disent-ils – de frotter deux pierres pour avoir du feu. Aujourd’hui – maintiennent-ils – il suffit d’une seule pression sur un bouton pour obtenir une flamme et aucun labeur n’est requis, il est donc évident qu’allumer le feu n’a rien d’interdit !
Il va sans dire que cette approche des Mitsvoth est fausse. Nous ne pratiquons pas les Mitsvoth parce que nous les comprenons toutes ou parce que nous y voyons des règles logiques et rationnelles ; nous nous appliquons à les faire car elles sont d’origine Divine. Il est donc logique d’admettre que l’être humain ne saurait saisir la Sagesse infinie du Créateur. Ainsi, nous pouvons dire que même lorsque la Torah a dévoilé les raisons de certaines Mitsvoth, celles-ci ne constituent qu’un aspect secondaire de ces commandements. C’est pourquoi dans certains cas, nous trouvons différentes raisons pour la même Mitsva : chacune des explications ne nous offre qu’un reflet de sa véritable profondeur.
De plus, ceux qui pensent que l’acte d’allumer le feu est interdit seulement lorsqu’il implique un travail difficile – assumant qu’il en fut ainsi à l’époque où les Juifs ont reçu ce commandement – se trompent tant dans les faits que dans le raisonnement.
D-ieu donna la Torah au peuple Juif juste après la sortie d’Egypte. Or, il est reconnu – et des centaines de livres d’histoire sur cette période l’attestent – que la culture et la technologie égyptienne étaient très avancées. A cette période de l’histoire, le feu n’était pas produit par le frottement de deux pierres, mais par des manières plus simples – souvent à partir de flamme pré-existente – ce qui impliquait aucun labeur et aucune fatigue. Maintenir, alors, que l’interdiction d’allumer le feu découle du fait que cet acte est laborieux, est simplement absurde.
En fait, le Chabbath est observé, car – selon le texte – « en six jours, D-ieu créa les Cieux et la Terre, et le septième jour, Il se reposa. » Chacun de nous ne comprend – nul besoin d’être un génie – que D - ieu créa le monde sans éprouver ni labeur, ni fatigue. Par conséquent, Il ne se reposa pas à cause de la fatigue en ce jour du Chabbath. « Repos » signifie ici : élévation au-delà du quotidien, sublimation. Les Juifs doivent vivre le Chabbath à la manière Divine : le repos n’est pas l’opposé de la fatigue et du labeur ; le Chabbath est l’arrêt de toute création dans le domaine du mondain, afin de revenir à l’essence des choses.