Vouloir Devenir Cohen

La Paracha de cette semaine nous raconte comment Kora’h – qui était à la tête d’un groupe de 250 personnes – mena une rébellion contre Moché et Aaron. Ils désiraient devenir Cohen Gadol – Grand Prêtre – à la place de Aaron qui avait le privilège permanent « d’être face à Hachem pour le servir. »

Le Midrash précise que Moché tenta de les dissuader en leur disant : « Nous n’avons qu’Un D-ieu…nous n’avons qu’un seul Cohen Gadol ; vous êtes 250 à vouloir être, chacun, le Grand Prêtre ! Sachez que moi aussi je le souhaite ! » Moché leur expliqua qu’en dépit de l’aspect louable de leur requête – qui constituait pour lui aussi un souhait profond – cela n’était pas réaliste puisqu’il ne peut y avoir qu’un seul Cohen Gadol.

Or, au moment du Don de la Torah, D-ieu dit au peuple Juif : « Vous constituerez pour Moi un royaume de prêtres et une sainte nation. » Le Baal Hatourim explique que ce passage laisse entendre qu’au moment du Don de la Torah, chacun des Béné-Israël avait atteint, exceptionnellement, le niveau du Cohen Gadol. Kora’h et son assemblée souhaitaient vivre encore cette expérience.

Le Rambam dit, d’ailleurs, au sujet de la tribu de Lévi : « Ils furent consacrés pour le service Divin et pour enseigner Ses justes lois…c’est pourquoi, ils étaient retirés des affaires mondaines…Ils étaient l’armée de D-ieu. » Puis, il ajoute : « ceci ne se limite pas à la tribu de Lévi, mais tout individu animé d’un esprit…est sanctifié et considéré comme le Saint des Saints. »

Nous sommes là face à un paradoxe : chaque juif peut, s’il le désire, atteindre le degré du Lévi ; mais rien ne l’y oblige. Par contre, les Juifs peuvent aspirer au niveau du Cohen Gadol, alors qu’il est impossible de le devenir !

Le service de D-ieu se regroupe en trois éléments : les Mitsvoth, l’étude de la Torah et la Méssirouth Néfech – le sacrifice personnel pour D-ieu. Ses trois éléments sont, en fait, trois niveaux de l’approche du divin. La pratique des Mitsvoth implique une activité dans le monde matériel afin de l’élever vers la Sainteté. La Torah reste au-delà de ce monde. Tandis que la Méssirouth Nefech transcende les limites de la Torah et des Mitsvoth en permettant à l’homme de s’unir avec D-ieu sans restriction.

La majeure partie d’entre nous sert D-ieu par les Mitsvoth. Nous faisons des Maasim Tovim – des bonnes actions –, mais cela ne nous exempte pas pour autant de l’étude quotidienne de la Torah. La tribu de Lévi et ceux qui ont choisi leur mode de vie sont essentiellement engagés dans l’étude. Le service du Cohen Gadol, qui illustre le plus parfaitement l’esprit de Méssirouth Néfech – fondre dans le Divin –, ne peut pas être, pour un Juif, une manière viable de servir  D-ieu.

La Méssirouth Néfech est un mode de service de D-ieu si intense qu’il est caduc, car l’individu qui se laisserait s’enivrer de spiritualité, rien ne lui garantit que son âme ne sera pas portée à quitter les limites que le corps lui soumet. En effet, il est contraire à la volonté Divine que l’âme quitte le corps.

D-ieu souhaite que l’âme habite le corps ici-bas afin de Le servir et de faire de ce monde une résidence pour Lui grâce à la pratique des Mitsvoth et de l’étude de la Torah.

Pourtant, chacun de nous doit être habité du désir intense d’atteindre le plus haut degré de la prêtrise et de la Méssirouth Nefech. Ce sentiment nous garantit un attachement désintéressé à D-ieu et nous permet d’accomplir les Mitsvoth et d’étudier la Torah d’un amour illimité.

Likouté Si’hoth Vol XVIII 

 
 
Par le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena'hem Mendel Schneerson ; compilé et adapté par Eliahou Dahan
Le Rav Eliahou Dahan est l'émissaire du Rabbi de Loubavitch à Lille et le rabbin régional de Lille et du Nord-Pas de Calais.

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