L’action et l’Esprit de la Lettre
La Paracha de cette semaine raconte comment Kora’h, accompagné de 250 personnes, se rebella contre Moché et Aaron. Cette révolte a eu lieu à la suite de l’incident des explorateurs. Ces espions furent envoyés par Moché pour explorer la terre de Canaan et ils retournèrent avec un rapport pessimiste concernant la possibilité de conquérir la terre.
La position de Aaron en tant de Cohen Gadol – Grand-Prêtre – fut remise en question par la révolte de Kora’h. La nomination d’Aaron à ce poste eu lieu plus d’un an avant l’épisode des explorateurs. Pourquoi Kora’h a-t-il attendu si longtemps pour se révolter ?
Les explorateurs prétendaient qu’il était préférable que le peuple Juif soit séparé du monde matériel. Car ainsi il ne serait pas dérangé dans sa relation avec D-ieu, et il pourrait se consacrer à l’étude et à la prière. Ils désiraient que les Juifs restent dans le désert à l’abri de toute distraction. Pourtant, Moché répondit que la pratique matérielle des Mitsvoth était vitale, car c’est par cette voie que les Juifs remplissaient leur mission dans ce monde, faire une résidence pour D-ieu.
Il existe une différence élémentaire entre l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvoth : la compréhension est un élément indissociable de l’étude de la Torah et sur ce point, il existe des différences entre les individus. Certains saisissent plus que d’autres.
Cette inégalité qui existe dans le domaine de la Torah n’a pas lieu dans le domaine des Mitsvoth. Sur ce point tous les Juifs sont égaux. Moché mettait les Téfilin exactement de la même manière que le simple Juif. Ils ne se distinguaient que par la dose de concentration et d’intention profonde engagée dans cet acte – dans l’esprit de la Mitsva.
C’est pourquoi la rébellion de Kora’h ne se trouvait légitime, de la part de ses instigateurs, qu’après l’incident des explorateurs : Kora’h était, jusque là, conscient que Moché et Aaron dépassaient tout le peuple en matière de compréhension de la Torah, puisque Moché recevait la Torah directement de D-ieu et la transmettait à Aaron pour qu’il l’enseigne à Israël. Sur ce point, leur statut privilégié était justifié. Mais l’épisode des explorateurs venait nous apprendre que c’est l’action qui prime sur l’esprit. Ces hommes voulaient se consacrer exclusivement à l’élévation spirituelle et leur souhait ne put être accepté car sans pratique matérielle, il ne peut y avoir de Judaïsme. S’il en est ainsi “ Pourquoi vous érigez-vous en chefs sur l’assemblée de D-ieu ! ” rétorqua Kora’h. Les Juifs n’étant pas différents dans leurs actes, le statut privilégié de Moché et d’Aaron paraissait donc injustifié.
Quelle était donc l’erreur de Kora’h ?
En fait, Hachem ne désire pas uniquement la pratique des Mitsvoth, Il souhaite que ces actes soient accompagnés d’une intention profonde, d’un esprit. Car s’il est vrai qu’en pratiquant les Mitsvoth, nous bâtissons une résidence pour D-ieu, celle‑ci se doit d’être lumineuse. Telle une bâtisse qui, pour être habitable, doit avoir de la lumière, la maison de D-ieu doit, elle aussi, être lumineuse.
En pratiquant les commandements de D-ieu, nous construisons l’espace de cette résidence particulière. Mais pour y apporter la lumière, nous devons investir nos Mitsvoth d’esprit et d’intention profonde. C’est de cette manière que de simples actes matériels prennent vie ; ils deviennent source de lumière pour les hommes et leur entourage.
Donc, même si Moché et Aaron étaient égaux aux autres Juifs dans la forme de la pratique des Mitsvoth, ils n’en demeuraient pas moins radicalement différents, puisque l’intention et la concentration investies dans leurs actes étaient d’une autre nature.
D-ieu considère et désire autant l’intention que l’acte lui-même.
Likouté Si’hoth Vol IV
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