Le Sens du Yovel
« Tu compteras chez toi sept années Chabbatiques, sept fois sept années, de sorte que la période de ces sept années Chabbatiques te feras quarante-neuf ans…Vous sanctifierez cette cinquantième année, en proclamant, dans le pays, la liberté pour tous ceux qui l’habitent. »
(Lévitique 25 – 8,10)
La Paracha de Behar contient les commandements relatifs à l’année Chabbatique – la Chémita – et au Yovel, le jubilé. Le Talmud déduit des mots « tous ceux qui l’habitent » que le Yovel – le jubilé – ne peut prendre place que lorsque tout le peuple Juif réside sur la terre d’Israël. Aussi, le jubilé fut aboli dès que les tribus de Réouven, Gad et la moitié de la tribu de Ménaché furent exilées.
Néanmoins, le Talmud relate qu’au temps du deuxième Temple, la cinquantième année était encore sanctifiée, même si la Mitsva du jubilé n’était pas effective. Cela fut maintenu afin de garder le même système cyclique qu’avant. C’est-à-dire que nous ne reprenions le compte des années de Chemita qu’une fois la cinquantième année passée.
Après que le deuxième Temple fut détruit, la cinquantième année a cessé d’être sanctifiée. Depuis, le cycle du compte des années Chabbatiques ne s’arrête jamais ; la cinquantième année est banale et elle constitue, alors, la première du cycle des années Chabbatiques.
Ainsi, il y a trois manières de considérer le jubilé : a) avant l’exil des premières tribus ; b) à l’époque du deuxième Temple ; c) depuis la destruction du Temple.
Le ‘Hassidisme explique que les années Chabbatiques et le jubilé symbolisent des niveaux spirituels du service de D-ieu :
La Chemita illustre la cessation d’activité, l’effacement de soi. La personne a conscience de son existence, mais s’annule, tout de même, volontairement devant D-ieu.
Le Yovel symbolise la liberté, un degré plus élevé, celui de l’absence de toutes les limites. Ce niveau sera atteint pendant l’ère Messianique.
Ceci explique pourquoi la Chemita doit être appliquée aujourd'hui, alors que la Mitsva du Yovel n’a été véritablement observée uniquement pendant la première période du Temple. Ce niveau le plus élevé de spiritualité ne pouvait être atteint qu’à une époque où la Présence Divine était manifeste.
L’époque du second Temple était une période médiane. La Présence Divine illuminait le monde, mais d’une façon moins évidente. C’est pourquoi nous comptions le jubilé, bien que la Mitsva du jubilé n’était pas observée.
Aujourd’hui, en exil, notre service de D-ieu consiste à accepter le joug Divin et à annuler notre ego. Néanmoins, dans un certain sens, ceci a un avantage, car cela permet de révéler l’essence de l’être. Cet état d’esprit prépare à l’année Chabbatique éternelle – l’époque Messianique.