Transformer le Serpent

La Paracha de cette semaine, ‘Houkath, relate un triste épisode du séjour du peuple Juif dans le désert. Après maintes révoltes de nos ancêtres contre Moché, Aaron et contre D-ieu Lui-même, Hachem punit le peuple Juif en envoyant des « serpents brûlants. » Moché, qui était l’exemple même du sacrifice, intercéda pour le peuple. D-ieu lui dit alors : « Fais toi un serpent et place-le au haut d’une perche. Quiconque aurait été mordu, qu’il le regarde et il vivra ! » Moché suivit les instructions Divines et il fabriqua un serpent en bronze. « Et alors, si quelqu’un était mordu par un serpent, il levait les yeux vers le serpent de bronze et il était sauvé. »

Nos sages indiquent qu’il est clair que le serpent de bronze n’avait aucun pouvoir, ni de faire vivre, ni de tuer. En fait, « lorsque les Béné-Israël levaient les yeux, et soumettaient leurs cœurs à leur Père qui est aux Cieux, ils guérissaient. » La fabrication du serpent de bronze avait pour but d’éveiller les Juifs au repentir ; après la Téchouva, ils guérissaient.

La ‘Hassidouth propose une explication plus profonde : le serpent de bronze procédait, en fait, à une résurrection. Une personne qui avait été mordue par un serpent était déjà, potentiellement, morte, puisqu’elle avait été infectée par le venin.

Cependant, le pouvoir de ressusciter les morts est supérieur à celui qui pourvoit la vie régulière. Celui qui a été mordu par le serpent a déjà perdu le contact avec la source de vie. Sa résurrection doit donc prendre sa source à un niveau supérieur appelé dans la pensée ‘Hassidique « l’attribut de la Miséricorde, l’Essence Divine, source de lumière illimitée. » Aussi, pour qu’une personne touchée vienne à guérir, il lui faudrait « lever les yeux vers le Haut », dépasser la dimension Divine qui est source de vie pour atteindre D-ieu Lui-même, pour qui « la vie et la mort sont égales. » La Téchouva de l’homme sera si profonde qu’elle sera capable de transformer la mort en vie.

Ce « serpent de bronze » illustre, précisément, le phénomène de la résurrection. Le serpent symbolise, depuis le péché de l’arbre de la connaissance, la mort. Dans notre cas, le serpent de bronze avait un effet contraire : il sauvait les hommes de la mort.

Dans le domaine de la mission de l’âme, cette résurrection représente la possibilité que nous avons de transformer les ténèbres en lumière, de transformer les pulsions du mauvais penchant en actes de bonté. Nous pouvons, en tournant notre cœur vers D-ieu, transformer même nos péchés délibérés en Mitsvoth, et devenir de ce fait un réceptacle propice pour recevoir les Bénédictions Divines.

Likouté Si’hoth Vol XIII

 
 
Par le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena'hem Mendel Schneerson ; compilé et adapté par Eliahou Dahan
Le Rav Eliahou Dahan est l'émissaire du Rabbi de Loubavitch à Lille et le rabbin régional de Lille et du Nord-Pas de Calais.

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