Deux Étapes vers la Sainteté
Nous lisons, cette semaine, deux Parachioth, A’haré et Kédochim. Ces deux textes sont étroitement liés par leur thème central. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous les lisons, généralement, le même Chabbath.
A’haré commence par la description du service du Cohen Gadol, le Grand Prêtre, dans le Saint des Saints, le jour de Kippour. Là, se trouvaient réunis les aspects les plus sacrés de la création : le Saint des Saints – l’espace le plus sacré, Kippour – le temps le plus saint et la personne la plus sainte – le Cohen Gadol.
La sainteté est aussi essentielle dans la Paracha de Kédochim. Elle débute par le verset : « Soyez saints ! Car Je suis Saint. » Cette même idée est reprise à la fin de la Paracha : « Vous serez saints, pour Moi, car Moi, D-ieu, je suis Saint. »
D’ailleurs, le nom de la Paracha de Kédochim signifie « saints », évoquant ce qui est séparé de l’ordre terrestre.
En effet, la sainteté du Juif peut atteindre un degré d’élévation que nous pouvons comparer à la sainteté Divine, ainsi qu’il est écrit : « Vous serez saint, car Je suis Saint. »
Cependant, nous pouvons nous interroger sur le fait qu’un homme de chair puisse atteindre un tel niveau ! Le verset répond à cette question en disant : « Car Moi, l’E-ternel, ton D-ieu, Je suis Saint. » Si D-ieu est Saint, alors chaque Juif peut le devenir puisqu’il est « véritablement une partie de D-ieu. »
Le fait que la Paracha de Kédochim suive celle de A’haré nous indique dans quelle mesure nous devons aspirer à la sainteté. La Paracha de A’haré relate le récit de la disparition de Nadav et Avihou. Ils périrent du fait que leur âme était habitée d’un désir ardent pour D-ieu. Leur amour était si fort que leur corps ne pouvait plus contenir leur âme ; c’est alors qu’ils trouvèrent la mort.
La Paracha de Kédochim nous indique qu’un Juif est capable d’atteindre un degré supérieur à celui évoqué dans A’haré. Car le chemin de la sainteté est sans limite. Il y aura toujours un niveau supérieur à atteindre puisque la sainteté émane de D-ieu qui est infini.
Cela constitue une leçon pour chacun d’entre nous : même lorsqu’un homme aura déjà atteint un degré important de sainteté, il ne pourra se reposer sur ses lauriers ; il devra constamment s’efforcer de s’élever encore plus haut.
Les Parachioth de A’haré et Kédochim sont lues, habituellement, entre Pessa’h et Chavouoth. C’est la période qui relie la sortie d’Egypte au don de la Torah. Quel est donc le lien entre ces Parachioth et cette période ?
Les idées présentées précédemment nous permettront de répondre facilement à cette question : La sortie d’Egypte a permis aux Juifs de quitter l’état d’asservissement matériel et spirituel pour accéder à la liberté physique et morale. Cela implique une élévation radicale. La quête de sainteté, entreprise par l’homme – évoquée par nos Parachioth – impose, elle aussi, la recherche d’une élévation radicale.
Likouté Si’hoth Vol XII