Un Amour Infini

« Vayikra – Il appela Moché, et D-ieu lui parla depuis le Ohel Moëd – la Tente d’assignation – en disant. »

(Lévitique 1 – 1)

« Vayikra – C’est un terme qui dénote l’affection… »

(Rachi)

En ce début du livre de Vayikra, D-ieu interpelle Moché, ainsi, Il manifeste – d’après nos sages – son amour.

La ‘Hassidouth explique que le fait que la Torah ne nous a pas indiqué de manière explicite qui est celui qui appelle, est significatif : en fait, cela vient indiquer que cet appel de D-ieu venait de Son Essence, d’un niveau qui dépasse et transcende tous Ses noms et Attributs. Par extension, nous pouvons donc affirmer que l’affection que D-ieu porte pour Moché provient aussi de Son Essence.

Chaque juif possède une « étincelle » de l'âme de Moché ; « l’appel affectif » de D-ieu s’adresse donc à chaque Juif en particulier. Le livre de Vayikra traite essentiellement des lois des sacrifices, qui se dit en Hébreu « Korban » et qui vient de la même racine que le mot « Kirouv » qui signifie approche. Les sacrifices représentaient un moyen de s’approcher de D-ieu.

La Haftara de cette semaine commence par le même thème (Isaïe 43 – 21) : « Ce peuple que J’ai formé pour Moi ; il publiera Ma gloire. » Ces mots – comme ceux qui ouvrent le livre de Vayikra – soulignent l’amour extraordinaire que D-ieu porte pour Son peuple.

L'explication simple du verset laisse croire que le peuple Juif proclame la gloire Divine par des actes : en pratiquant les Mitsvoth, en étudiant la Torah et en épanchant son cœur dans la prière. Néanmoins, une lecture plus profonde nous permet de voir que cet amour Divin est, en fait, inconditionnel. Il n’est rien d’autre que le fruit de l’existence même de Son peuple.

Ce verset comporte deux parties. La première partie – « ce peuple que J’ai formé pour Moi » – exprime le lien qui lie Israël à D-ieu : il appartient à D-ieu.

Les termes « il publiera Ma gloire » révèlent un élément beaucoup plus fort : le peuple Juif – cette nation qui est comme « un agneau parmi soixante-dix loups » – a survécu à toutes les tribulations, alors que les puissantes civilisations, qui l’ont opprimé, ont toutes disparues. La présence même du peuple Juif est une proclamation de la gloire Divine.

Ceci est particulièrement vrai pour notre génération qui a vu notre peuple passer des ténèbres les plus sombres aux lumières pleines d’espoir. Lorsque l’on voit, que malgré tout, les Juifs continuent à exprimer leur attachement à la tradition et s’efforcent de transmettre les valeurs du Judaïsme aux générations à venir, on ne peut que proclamer là un Miracle.

D-ieu aime chaque juif, indépendamment de ses actes, d’un amour essentiel. Ceci constitue pour nous une importante leçon : à l’instar de D-ieu, nous devons aimer notre prochain de manière inconditionnelle ; nous devons le juger favorablement et toujours avoir du respect pour lui, puisque « ce peuple que J’ai formé pour Moi [; il ] publiera Ma gloire. »

Sefer HaSi’hoth 5750