Dissimulation et Révélation
La Paracha de cette semaine est Pékoudé, dernière Paracha du livre de Chemoth. Elle est suivie par la Paracha Vayikra, première Paracha du Lévitique.
Selon nos sages, nous devons trouver un rapport entre ces deux passages.
La fin de Pékoudé nous raconte qu’une nuée est descendue sur le sanctuaire. Le but de ce nuage était de dissimuler. La nuée empêchait Moché d’entrer dans le Temple.
Le thème de Vayikra, à l’opposé, est la révélation, « D-ieu appela Moché » pour se révéler à lui.
Ainsi, la révélation de Vayikra suit le voilement de Pékoudé. Mais une révélation qui vient à la suite d’une dissimulation est bien plus accentuée que celle qui surviendrait sans voilement antérieur.
La Téchouva (repentir - retour) représente, dans le service de D-ieu, une révélation qui suit une période de dissimulation. Avant la Téchouva, l’homme était éloigné d'Hachem et écarté de la Torah et des Mitsvoth. Il était donc dans un état de voile. Sa Téchouva, son retour vers D-ieu constitue la révélation.
En effet, nos sages nous enseignent que le Juif qui se repent des méfaits passés (Baal Téchouva) jouit d’une expérience de la Divinité plus haute que celle dont jouit celui qui était toujours vertueux. C’est avec exaltation qu’il fuit le voile vers la révélation.
Quand une personne fait Téchouva, « ses péchés intentionnels sont considérés comme des mérites. » Nos sages déclarent, d’ailleurs, que « dans l’endroit où se trouve le Baal Téchouva, même le plus vertueux ne peut se tenir. » Le Tsadik, le juste, a banni complètement le mal. Alors que le Baal Téchouva, en retournant vers Hachem de tout son cœur, transforme le mal en bien. Si bien que ses péchés intentionnels sont à présent considérés comme de bonnes actions. En faisant Téchouva, il transforme l’obscurité en lumière. La révélation est donc le produit d’une dissimulation passagère.
L'enseignement est clair : Quelle que soit notre situation spirituelle, nous ne devons jamais désespérer ! Nous ne devons jamais penser que notre état spirituel est tellement bas qu’aucun espoir n’existe. Au contraire, c’est précisément après une période de voile que la révélation la plus haute devient possible.
Les générations passées étaient certainement d’un niveau spirituel supérieur au notre, cependant ils ont été privés de la Guéoulah. Notre génération est celle de la venue de Machia’h. Puisque la plus haute révélation vient à la suite de la descente la plus basse, nous devons prendre conscience et nous renforcer dans la propagation de la lumière en avançant toujours plus loin. C’est ainsi que nous mériterons la délivrance complète - cette révélation suivra la dissimulation de l’exil - alors, « la nuit éclairera comme le jour. »
Likouté Si’hoth vol XVI