Avancer dans l’Etude
« Si vous vous conduisez selon Mes ‘Houkim - Mes statuts – et si vous observez Mes Mitsvoth et vous les exécutez. Je vous donnerai les pluies en leur saison… »
(Lévitique 26 – 3,4)
Rachi interprète les mots « Si vous vous conduisez selon Mes ‘Houkim : Peinez dans l’étude de la Torah. » Ainsi, Rachi précise que la Torah ne se répète pas en disant « Si vous vous conduisez selon Mes ‘Houkim » et « si vous observez Mes Mitsvoth », car le premier terme se réfère à l’étude de la Torah et le second à la pratique des Mitsvoth.
Pourquoi, « Mes ‘Houkim - Mes statuts » n’implique pas simplement l’étude mais aussi l’effort qui y est investi, « Peinez dans l’étude de la Torah » ?
Le mot « Mitsvoth » est un terme générique qui s’applique à tous les commandements. Mais il existe aussi des appellations spécifiques qui s’appliquent aux trois catégories de Mitsvoth :
Eidoth - témoignages - se réfère aux Mitsvoth qui, comme Chabbath et les Téfilin, servent à témoigner des événements de la Création et de l’Exode.
Les Michpatim sont les lois rationnelles qui auraient pu être découvertes par l’homme lui-même.
La troisième catégorie, les ‘Houkim – statuts – représentent les commandements n’ayant aucune base logique. Ils soulignent entièrement leur caractère Divin.
Or, le mot « ‘Houkim » est issu de la même racine que « ‘Hakika » qui veut dire « graver ». Quel est donc le rapport entre les commandements supra rationnels et l’action de graver ?
La gravure nécessite plus d’effort que l’écriture. Ainsi, les commandements qui dépassent la logique humaine sont plus durs à appliquer que les autres Mitsvoth.
C’est pourquoi lorsque la Torah utilise le terme de « ‘Houkim » pour parler de l’étude - comme dans notre verset – il se réfère, en fait, à l’étude faite dans l’effort.
« Peinez dans l’étude » implique que nous devons tenter de transcender la pensée rationnelle.
Cette dernière idée paraît difficile à comprendre, car le Zohar dit que ce verset appelle l’homme à s’investir dans l’étude de la Torah orale. Or, l’étude de cette partie de la Torah nécessite obligatoirement l’analyse intellectuelle.
En fait, ces deux sentiments ne sont pas contradictoires. Car, le labeur dans l’étude – le sentiment d’atteindre l’irrationnel – est la garantie d’une étude fructueuse.
L’étude de la Torah doit obligatoirement tendre vers les degrés qui dépassent la pensée de l’homme ; si l’homme ne porte ses efforts que sur des niveaux qui sont à la mesure de ses facultés intellectuelles, ceci ne peut être considéré comme « un labeur », et dans ce cas, sa recherche semble avoir pour but de satisfaire uniquement sa curiosité intellectuelle. C’est « le labeur dans l’étude de la Torah » qui poussera l’homme à tenter de comprendre même des matières qui dépassent ses capacités intellectuelles. D-ieu et la Torah ne font qu’Un. Autant la créature ne peut comprendre son Créateur, autant il est incapable de saisir réellement Sa sagesse.
Nos sages affirment que « l’ultime sagesse est de prendre conscience que nous ne te comprenons pas. » Ceci est aussi valable à l’égard de la Torah qui est la Sagesse Divine.
Donc, si une personne affirme comprendre totalement la Torah, ceci montre qu’elle ne s’est pas véritablement investie dans son étude ; s’il s’était effectivement fatigué, il aurait admit que la Torah transcende son intellect limité. Notre approche à la Torah doit être dans – Bé’houkotaï – l’effort.
Likouté Si’hoth Vol III