« Vois, Je place aujourd’hui devant vous la bénédiction et la malédiction. » C’est ainsi que s’ouvre la lecture de la Torah de cette semaine, Réeh (Deutéronome 11,26–16,17), tandis que Moïse réaffirme une fois encore le principe du libre arbitre.
Le libre arbitre. Sans lui, comme le rappelle Maïmonide, la religion est dépourvue de sens, la morale devient inconcevable et la Torah superflue.
En réalité, non seulement nous a-t-il été donné de choisir librement entre le bien et le mal, mais nous pouvons également choisir le niveau auquel ce choix s’exercera. Le choix du choix, pourrait-on dire :
a) Il y a le bien et il y a le mal. La bénédiction et la malédiction, la lumière et les ténèbres. D.ieu a créé les deux. Nous choisissons lequel des deux, ou quelle combinaison des deux, définira notre existence.
b) En vérité, seul le bien existe. D.ieu est la source de toute réalité ; et puisque D.ieu est l’essence du bien, seul le bien est réel. De même qu’il n’existe pas de ténèbres en soi – seulement la lumière ou son absence (que nous appelons « ténèbres ») –, ainsi n’existe-t-il que le bien ou son absence. Ou plutôt – puisqu’aucun lieu n’est dépourvu de Sa présence –, le bien ou sa dissimulation. Le choix entre le bien et le mal n’est donc pas un choix entre deux réalités, mais un choix entre l’être et le non-être, entre la réalité et l’illusion.
c) Puisque le « choix » est, par définition, l’affirmation libre et sans entraves de la volonté, et puisque la volonté intrinsèque de l’âme humaine aspire à la vie et au bien-être, le seul choix véritable qui puisse exister est celui du bien. Mais le libre arbitre nous a été accordé, ce qui signifie que nous pouvons choisir de ne pas choisir ; ce que nous appelons le « libre arbitre » est en réalité le choix d’exercer notre choix ou d’y renoncer. Lorsque nous affirmons réellement notre volonté véritable – lorsque nous choisissons réellement –, nous choisissons invariablement le bien.
Alors, laquelle faut-il retenir – a, b ou c ? À vous de décider. Tel est le sens véritable du « libre arbitre » : non pas simplement la faculté de choisir entre deux ou plusieurs possibilités qui vous sont présentées par une autorité supérieure, mais le fait que c’est vous qui déterminez le niveau de réalité sur lequel se déploie votre vie consciente. C’est vous qui déterminez la distance entre votre vie et sa Source, et par conséquent la forme que prend le « libre arbitre » dans votre expérience.
Choisissez votre choix.
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