Par la grâce de D.ieu
Pendant les Jours de Préparation1
au Temps du Don de notre Torah,2
5743. Brooklyn, N.Y.

Aux fils et aux filles de
notre peuple Israël, où qu’ils se trouvent

Que D.ieu vous bénisse tous !

Salutation et bénédiction :

En ces jours propices,3 chacun mettra certainement à profit ces jours désignés pour une préparation supplémentaire à la réception de la Torah, afin d’intensifier encore sa préparation, avec une vigueur accrue, à l’approche du grand jour — « le jour où tu te tins devant l’Éternel, ton D.ieu, à ‘Horev »4 — pour recevoir la Torah éternelle, qui ne sera jamais remplacée.5

Il convient d’examiner et de considérer comment nos ancêtres se préparèrent à l’approche de ce jour, depuis ce jour saisissant où Moché notre maître reçut l’annonce que « quand tu feras sortir le peuple d’Égypte, vous servirez D.ieu sur cette montagne »,6 c’est-à-dire que le Don de la Torah sur le mont Sinaï constituait le but ultime7 de la Yetsiat Mitsraïm, de la servitude vers la liberté, afin d’être les serviteurs de Hachem et non les serviteurs de serviteurs,8 y compris de ne pas être les serviteurs du « dieu étranger9 — le yetser hara — qui est en toi » : cela seul constitue la liberté véritable et complète.

Et il va sans dire que tous les signes et les miracles dont ils furent témoins en Égypte et sur la mer, qui furent sur le mode de « plaie pour l’Égypte,10 et guérison pour Israël »,11 les émerveillèrent et orientèrent leurs esprits et leurs cœurs vers leur Père céleste, avec amour et crainte, « comme l’eau reflète le visage au visage », ainsi que l’Admour Hazakène s’émerveille à ce sujet dans son livre, le saint Tanya,12 en employant la parabole bien connue d’un roi grand et puissant qui manifeste son amour immense et intense envers un homme du commun, etc.

Et dès le lendemain de leur sortie d’Égypte « la main haute »,13 ils commencèrent à compter les jours et les semaines14 avec impatience,15 désir et soif de ce jour propice où D.ieu descendrait sur le mont Sinaï sous leurs yeux et leur donnerait Son trésor caché.16 Et ils s’élevèrent en sainteté de jour en jour, en préparation à cet événement, tout cela sous la conduite — avec l’encouragement, l’exhortation et l’aide — de Moché Rabbénou, le Berger d’Israël, le Berger fidèle depuis son temps jusqu’à ce jour même,17

Et, entre-temps, le Saint béni soit-Il multiplia encore les merveilles de Sa bonté envers eux : Il les nourrit du « pain venu du ciel » — la manne —, fit jaillir pour eux — et leur donna à boire — de l’eau d’un rocher — le puits de Myriam —, pourvut à leurs besoins et les entoura des Nuées de Gloire,18 et les conduisit à travers le désert — loin de toutes les vanités de ce monde, etc. —

Et après toutes ces préparations, et davantage encore, cela ne suffisait pas : lorsqu’ils arrivèrent trois jours avant le Don de la Torah, ils durent encore ajouter une préparation supplémentaire — dans les Chelocheth Yemei Hagbala, les Trois Jours de Préparation — afin de s’élever au plus haut degré, pour recevoir la Torah, la Torah de Hachem, avec joie et pnimiout (intériorité).

De là, on comprend, et à plus forte raison, quelle doit être l’ardeur et la préparation en notre temps pour recevoir la Torah, cette même Torah qui fut donnée au mont Sinaï.

Cependant, puisque notre Torah, la Torah de vérité, déclare que le Saint béni soit-Il ne demande à l’homme que ce qui est en sa capacité19 — et non ce qui dépasse ses capacités —, Il a certainement donné à chaque individu toutes les forces et tout le nécessaire pour que, lorsque les Jours de Préparation et la fête du Don de notre Torah arrivent, l’homme accomplisse et réalise tout cela — et le fasse pleinement, conformément à la volonté de Celui qui donne la Torah —, et il n’incombe à l’individu que de le faire passer du potentiel au concret.

Et l’Écriture a dit : « L’Éternel donnera la force à Son peuple »20 — et un verset conserve toujours son sens simple21 —, et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué22 et interprété que la « force » désigne ici spécifiquement la Torah — c’est-à-dire que, même avant le Matane Torah, la capacité et la force furent données pour la recevoir et l’accomplir, et ce, pleinement.23

Les Trois Jours de Préparation et la fête du Don de notre Torah reviennent certes une fois par an,24 mais il existe chaque jour une forme, à échelle réduite, de cette préparation25 et du Matane Torah.26 Comme on le sait, l’explication de la formulation précise de la conclusion de la Birkat HaTorah — récitée chaque jour dans les bénédictions du matin, et de même lorsqu’on reçoit une aliya à la Torah — est Notène HaTorah, Celui qui donne la Torah, au présent,27 c’est-à-dire que chaque jour la Torah est donnée à nouveau, ce qui signifie automatiquement qu’une préparation est également nécessaire, et en effet nos Sages ont dit et enseigné : « Chaque jour, ils doivent être à tes yeux comme nouveaux28. »

Il en va de même pour « quand tu feras sortir le peuple d’Égypte » — la fête de Pessa’h, le Temps de notre Liberté, dont le souvenir annuel de la Yetsiat Mitsraïm a lieu lors de la fête de Pessa’h, et plus particulièrement à son commencement. En plus de cela, il existe une obligation de se souvenir de la Yetsiat Mitsraïm chaque jour, deux fois par jour — « afin d’inclure les nuits »29 —, et le souvenir annuel — à la manière de tout souvenir dans la Torah, « dont on se souvient et qui est accompli »30 — est ce qui apporte une vitalité et une lumière supplémentaires au souvenir quotidien.

Il en va de même au sujet du Don annuel — « une fois par an » — de la Torah et de la Réception de la Torah — ainsi que des Jours de Préparation — au troisième mois : d’eux se déverse un grand influx, qui ajoute vitalité et lumière dans l’accomplissement de l’instruction « qu’ils soient à tes yeux comme nouveaux », chaque jour, tout au long de la journée.

* * *

Que D.ieu accorde que chaque individu achève toutes les préparations, et tout particulièrement pendant les Jours de Préparation, jusqu’à la conclusion des sept semaines parfaites,31 et que tous reçoivent la Torah avec joie et pnimiout au Temps du Don de notre Torah,

Et de la manière décrite : que cela soit attiré ici-bas et agisse sur chaque jour de toute l’année,

Et que, dans l’avenir immédiat, s’accomplisse la promesse : « Lève-Toi, D.ieu, juge la terre — par le jugement de notre Torah, qui est un jugement divin : “le jugement est miséricorde”32 —, car Tu possèdes — c’est-à-dire gouvernes — toutes les nations »,33 et comme il est écrit : « Car alors Je transformerai les peuples pour qu’ils invoquent tous le Nom de Hachem et Le servent d’un commun accord »,34

Avec la Guéoula véritable et complète par notre juste Machia’h.

Avec considération et bénédiction de réussite dans tout
ce qui a été mentionné ci-dessus, et avec bénédiction pour une joyeuse
fête de Chavouot, et pour recevoir la Torah avec joie
et pnimiout,

MENA’HEM SCHNEERSON